Pontchardon avant l'électricité

« Avant que l'usine n'existe, on comptait à Pontchardon une cinquantaine d'hommes qui tissaient en hiver et qui, en été, allaient faire la moisson aux environs de Paris. La plupart de ces ouvriers sont entrés au service de la nouvelle maison. D'autres sont venus de divers côtés, surtout de Bretagne. Une centaine de travailleurs appartenant à une soixantaine de familles sont occupés dans l'usine..

Tous les ouvriers sont à la besogne dès six heures du matin. Journellement, 7 à 8 mille kilos de fonte sont transformés en objets de première nécessité. Deux cubilots servent à fondre les fontes brutes. Ils alternent chaque jour. Dès le matin, un ouvrier pénètre dans l'intérieur pour y faire les réparations nécessaires. Après cette réparation, le cubilot est à moitié rempli de coke et le feu est allumé. Le ventilateur et la soufflerie sont mis en mouvement par des roues hydrauliques. Lorsque le moment de la coulée est arrivé, un ouvrier chargé de ce travail commence à jeter de la fonte par une ouverture pratiquée dans partie médiane du cubilot. La fusion commence à la température de 1400 degrés.

Quand la fonte coule, chaque ouvrier vient recueillir le métal liquide dans des creusets appelés cuillères. Il verse le métal dans des moules qu'il a faits pendant la matinée. La variété de ces moules est immense, les pièces qui sont la spécialité de la maison, y sont fabriquées d'après des plans ou des modèles (plaques d'égout, moteur).

Nous avons visité avec une extrême attention et un vif plaisir les magasins de l'usine. Nous y avons remarqué une infinité de pièces des plus variées. Une des plus importantes spécialités de l'usine est celle  des instruments agricoles, charrues et rouleaux, des fontes de bâtiment, colonnes, tuyaux de descente, fontes de fumisterie etc... Une grande quantité de pièces pour les pressoirs à cidres, de plaques pour les cheminées avec sujets variés et artistiquement fabriqués.

Les pièces pour les mécaniciens s'y trouvent en grande quantité, ainsi que les gargouilles pour trottoirs, les articles de ménage de l'antique marmite normande qui est plus que jamais en usage dans nos campagnes. Quand la ménagère sait bien les affaiter, le pot-au-feu et la soupe obtenus dans cette vieille marmite sont toujours fort sstimés par des estomacs normands. Il n'y à pas de famille, à la campagne, qui ne possède la collection complète de ces ustensiles. Beaucoup de négociant de Paris s'adressent aussi à l'usine pour la fabricationde pièces très compliquées.

Ces forges qui offrent une grand économie et une grande force de vent, procurent un réel avantage aux gens qui les emploient: maréchaux, mécaniciens et autres personnes qui ont besoin de forger le fer.

Les contrées étrangères qui font commerce avec l'usine sont les Antilles. C'est ainsi que chaque année, des milliers de marmites sont expédiées à Haïti et dans les îles voisines.

Pontchardon est donc un site agréable, délicieux, un centre industriel de premier ordre qui mérite d'être visité avec attention par les touristes et les hommes qui s'intéressent au progrès scientifique. Un voeu en terminant, c'est que l'usine et le bourg soient bientôt éclairés à la lumère électrique."

D'après Eugène VIMON auteur local (extrait du 9ème bulletin de la Société Scientifique Camille Flammarion 1886 tome V)
L'expansion

Le haut fourneau qui avait remplacé la fabrique à papier en 1838 resta en activité jusqu'en 1868. En 1860, après les traités de commerce passés avec la Grande Bretagne, la concurence devint tellement vive qu'il fallut renoncer à l'extraction du minerai de fer dans la contrée. Dès l'ouverture de la gare de Ticheville, située à trois km de Pontchardon, l'usine doubla sa production. Deux roues hydrauliques furent alors mises en place sur le bief qui borde la fonderie.

Les premières années
Dans les premières années, on employait directement le minerai de fer dont une partie venait de Villers en Ouche et l'autre de La Pile, propriété de Mr Foulon au Sap. Le charbon de bois était produit des Forêts de Saint-Evroult et de Moulin.

En 1845, la fonderie produisait des articles de ménage, des pièces mécaniques, des tuyaux en fonte. Vers 1855, la vente devenant considérable, l'on fit des livraisons par voitures hippomobiles jusqu'à Rouen. Puis l'ouverture de la ligne Paris-Cherbourg permit d'augmenter le trafic. Les voitures allaient livrer jusqu'aux gares de Saint-Marc-Orbec.  En 1860 commença la production de bâtis de machines à coudre Singer.

1920 Un industriel  de Livarot fonde les Fonderies et Ateliers d'usinage de de Pontchardon. (FAP)

Vers 1960 La SFAR Randonnai absorbe la FAP

1962 SFAR rachète une fonderie de bronze « Fonderie de Vitry » à Vitry. (FV) L'activité de cette fonderie est tranférée à Pontchardon en ??

1961 La Fonderie de Randonnai rachète la Fonderie de Gravigny et rapatrie ses fabrications à Pontchardon.

1960 La fonderie « bronze de la SFAR à Nanterre rapatrie ses fabrications à Pontchardon.

Après 1962 La SFAR Randonnai modifie ses fabrications et fabrique dorénavant pour Ford aux USA (3.000 tonnes /mois.

SFAR Randonnai, qui a connu jusqu'à 800 salariés, perd le client Ford au profit de la Pologne

Vers 1980 CFFC '(Compagnie Française de Fonte en Coquille) dont la maison-mère est à Rochefort reprend la gestion de la SFAR de Pontchardon.

1980 La SFAR à Randonnai ferme définitivement.

1980 La fonderie de Pontchardon est confiée en location gérance à la SARL PAMCO créée par M. Philippe-André MEYER.

1981 Changement de statut de PAMCO SARL qui devient SA PAMCO Industries.

1986 SA-PAMCO Industries devient propriétaire de la fonderie de Pontchardon.

1986 SA-PAMCO Industries intègre le Groupe CF2M

1995 SA-PAMCO Industries fusionne avec la CFFC de Rochefort (Compagnie Française de Fonte en Coquille), elle-même appartenant au Groupe CF2M.

2005 Mise en redressement judiciaire de SA-PAMCO Industries.

2006 Décision du Tribunal de Commerce de mettre en vente la fonderie de Rochefort.


Des améliorations.
Dans les années 1970, des bureaux plus adaptés avaient été construits. Un parking automobile davant les locaux était aménagé pour les salariés.

L'habitation du gardien devenue local syndical. Les anciens bureaux sont devenus réfectoire. La "caserne", longtemps réservée au logement des ouvriers démolie.
Puis, un peu plus tard, apparurent de nouveaux bâtiments pour la fabrication des pièces en bronze : robinets, hélices de bateaux, etc...

PAMCO Industries
En 1980, la SFAR (Société des Fonderies et Ateliers de Randonnais) déposait le bilan. La fonderie sera ensuite reprise par PAMCO. Elle produira alors mensuellement 1150 à 1200 tonnes de fonte et 30 tonnes de bronze. 3.000 tonnes de fonte de Lorraine seront ont utilisées annuellement ainsi que 8.600 tonnes de ferrailles de la région.